La Bastide de Moustiers



Alors là c’est pas pareil !!!!. The restaurant créé en 1995 par Alain Ducasse et on cherche la faille, le temps mort, le changement de cap. On n'en trouve pas, rien tout simplement parfait. En douze ans, de Sonja Lee à Benoît Witz, Vincent Maillard et aujourd'hui Eric Santalucia, la même ligne demeure. Accueillir dans une étape de charme ce "voyageur plus important que le voyage" (l'écrivain André Suarès), privilégier la cuisine du produit, s'ancrer dans le pays (tenez, la fougasse à la fleur d'oranger de M. Peix, boulanger du village) et en tirer le meilleur - la terre, les artisans, l'esprit, la lumière - être dans du haut de gamme sans que cela pèse, savoir qu'on est "chez Ducasse" sans qu'il y paraisse, en tous cas hors les ors de Paris, Monaco and Co. Au coeur du Parc Naturel Régional du Verdon, l'équation est intacte. La bastide s'est patinée, un brin château de prince à l'entrée, le parc (4 ha) a pris volume et feuillages, les jardins regorgent de plantes et légumes. Depuis une cuisine "comme à la maison", Eric Santalucia fait tourner des recettes au fil du marché et des saisons et on ne se sent pas pris au piège du copié-collé. L'an dernier, une fois en été, l'autre en automne, on a pu vérifier que de la simplicité, du goût, des justes cuissons et des textures, ce chef toulousain avait tout compris. La tartine d'aubergines blanches, caillé de chèvre, poivrons et pourpier, la soupe glacée de tomates, sorbet et bruschetta d'anchois, le cabillaud cuit au plat, girolles et artichauts violets, la côte de veau en cocotte carottes, céleri et côtes de blettes - presque un classique - ou le dos de biche rôti, cannelloni de chou, coings, figue et foie gras landais rassemblaient en terrasse clients d'ici et de loin qui votaient pour cette vision du terroir, jusqu'aux fromages affinés du pays, à l'insolent tiramisu ou au vacherin citron-framboises.
Ou plutôt pour un moment de cuisine à l'apparente facilté dont on dit qu'elle est "inspirée".
Pour 57 EUR, un intello de la gastronomie ayant bourlingué aurait dit "y a pas photo !".
On peut ici prendre celles de la terrasse ombragée où chantent des cigales virtuelles, de la colline d'en face, protégée et verte à jamais, de la maison et son pigeonnier-boutique, de la salle à manger et des salons dorés - des faïenciers, des amoureux - de la bibliothèque...
En cave, la carte méridionale apaise l'addition (Châteaux Margui, Rasque, des Sarrins, Thuerry, La Calisse...) et pointe jusqu'en Cahors (les vins de Matthieu Cosse). Accueil et service jouent jeunesse et attention et la Bastide tourne ses pages dans une Provence heureuse dont elle est une étape obligée.
Avis perso : pour l’instant j’ai pas connu mieux en restauration classique. Mérite bien 6 ballons de rouge.
Chemin de Quinson 04360 Moustiers Sainte Marie Tél : 04 92 70 47 47

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